• Par: Chang-dong Lee
  • Année: 2018
  • Durée: 148 min
  • Origine: South Korea
  • 7.9
Festival de Cannes
Le Grill a aimé

Burning

Le feu qui nous brûle

Burning, dernier long métrage du réalisateur coréen Lee Chang-dong (Poetry, 2010) est sorti mercredi sur nos écrans après une première présentation réussie en Sélection Officielle du dernier Festival de Cannes. Le film s’inspire de la nouvelle Les Granges Brûlées de Haruki Murakamidont dont il transpose l’intrigue du Japon à la Corée du sud pour brosser le portrait d’un pays qui gronde.

L’action se déroule entre l’immense Séoul et Paju, petit village en bordure de la Corée du nord, dont on entend déclamer la propagande à travers des haut-parleurs au loin. Originaire de Panju, Jongsoo (Yoo Ah-in) veut être écrivain et travaille comme coursier à la capitale. C’est là qu’il rencontre par hasard Haemi (Jeon Jong-seo), une ancienne habitante de son village. Elle est à la fois magnétique et mystérieuse, leur histoire d’amour-amitié commence aussitôt. C’est lorsque qu’Haemi présente son riche jeune et nouvel ami Ben (Steven Yeun) à Jongsoo, que le duo devient un trio, que l’intrigue s’épaissit et que le film revêt toute son ambiance dramatique. Pourtant, il ne s’agit pas seulement d’un drame, mais aussi d’un thriller et d’un film d’amour.

Haemi cristallise l’attention de ses deux partenaires, tout autant que l’idée d’une jeunesse perdue. Elle est de loin l’un des plus beaux personnages présent au cinéma cette année.

Burning est une véritable surprise qui délivre bien plus que l’histoire d’un pseudo triangle amoureux. En vérité, le film expose les failles d’une société coréenne et plus généralement, d’une jeunesse en manque de rêve. Dans une mise en scène subtile, le film expose une lutte des classes, car Jongsoo et Haemi sont des jeunes gens pauvres qui commencent à côtoyer Ben, un habitant de Gangnam, l’un des quartiers les plus bourgeois de Séoul. Mais la lutte n’est pas que sociale, elle est spirituelle. Chacun des personnes brûlent d’un feu intérieur, d’un désir de vivre, de s’échapper et d’aimer. En ce sens, les trois acteurs sont beaux et justes. Yoo Ah-in et Jeon Jong-seo signent leurs premiers rôles au cinéma en nous offrant des moments de grâce.

En parlant de Ben (à droite), Jongsoo (à gauche) explique : « Il y a trop de Gatsby en Corée » de personnes dont on ne connaît pas les origines, et non plus celles de leur fortune.

Quant au rythme du film, il est possible de comprendre qu’une partie des spectateurs puissent décrocher face à une dynamique lente. Cependant, la lenteur de Burning nous enivre et nous emporte de part la force des personnages et celle de l’intrigue. Le thème musical y joue aussi son rôle :  a priori inapproprié au début du film, il prend tout son sens au fur et à mesure que les enjeux se développent et que l’intrigue se dénoue. Tout comme l’enquête, la bande son nous tient en haleine. Burning est un film aux mille métaphores ; celle d’une grange qui brûle, d’un puits sans fond… Les histoires qu’il nous raconte sont-elles vraies ou fausses ? Les questions se poseront encore longtemps après son visionnage. Prenez le chemin de votre cinéma pour vous en faire une idée !

Burning

Est N'est pas
une belle mise en scène d’une intrigue amoureuse, presque policière
récompensé par le jury du dernier festival de Cannes, dommage
un premier film pour deux de ses trois acteurs principaux qui rayonnent
si long que ça (2 petites heures et 28 menues minutes)
une peinture acerbe d’une jeunesse coréenne ne sachant pas où elle va
grossier dans sa construction
esthétiquement efficace, notamment une scène de danse somptueuse un joli film d’amour bien rangé où ils vécurent heureux etc, etc.
À s’y brûler les ailes / 20

1 septembre 2018
Karina