• Par: Dorota Kobiela, Hugh Welchman
  • Année: 2017
  • Durée: 94 min
  • Origine: Poland, UK, USA
  • 7.9
Le Grill a aimé

La passion Van Gogh

Huile sur toile

 

Catastrophën ! Aucun film français n’ira aux Oscars du meilleur film étranger en 2018. Le redoutable, Grave, 120 battements par minute ont été longtemps évoqué pour tous se faire balayer par l’académie. Tous ? Non, deux survivants se nichent encore dans la sélection : La passion Van Gogh (en coproduction) pour le meilleur film d’animation et Visages Villages dans les documentaires.

Le scénario rappelle un peu les vieux jeux vidéo d’aventure où l’on va d’un personnage à l’autre qui s’animent dès que l’on clique dessus. 

Alors que Van Goh a connu de multiples interprétations, de Scorcese (Rêves de Kurosawa) à Dutronc (Le film de Pialat) en passant par Cumberbatch (un téléfilm de 2010), ici ce n’est non pas un récit sur sa vie, mais sur sa mort. Peignant chaque jour les lieux qu’ils fréquentaient et écrivant souvent à son frère Théo, la vie du peintre est connue avec une relative précision, permettant à ce dessin animé de nous en dresser un portrait en creux en animant ses peintures : les huiles sur lesquelles il fixait son quotidien prennent vie pour évoquer leur créateur.

Le tour de force ici, au-delà du casting vocal impeccable autour d’un personnage central incarné par Pierre Niney et de la musique de Clint Mansell (le thème de requiem for a dream c’est lui, il a collaboré avec Aronofsky sur tous ses films sauf Mother !), est que le dessin animé se compose uniquement de tableaux. Plus de 90 artistes ont été attachés au projet pour réaliser plusieurs centaines de peintures à l’huile dans le style du maître, donnant à l’ensemble un style unique. Avec un tel dispositif on ne s’étonnera pas de l’animation parfois rigide ou de la narration parfois simpliste, et pourtant par-delà son visuel épatant, la passion Van Gogh arrive à faire poindre l’émotion en dépeignant la vie hautement tragique de son sujet. Une douce mélancolie s’en dégage plus qu’un attendu ton pédagogue, le film n’est pas qu’une curiosité destinée à être vendue dans la boutique des musées d’Arles ou d’Amsterdam. Plus abouti que Shirley en 2014 qui avait une approche similaire pour le peintre Hopper, La passion Van Gogh à de bonnes chances de satisfaire ceux que la bande-annonce aura happé dans son style unique.

Je pense que le film a été fait en rotoscopie, difficile de lui rendre justice avec des images fixes.

 

4 janvier 2018
Alcide