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Mostra de Venise 2018

Le Grill à Venise : Jour 3

Au programme de ce troisième jour, j’ai pu voir le nouveau film des frères Coen et d’Olivier Assayas, la première réalisation attendue de Bradley Cooper et un curieux long métrage turc. Y a-t-il une pépite dans le lot ? Pas sûr.

« The Ballad of Buster Scruggs » Des frères Coen ( Compétition Officielle)

À la base, « The Ballad of Buster Scruggs » devait être une mini-série anthologique pour Netflix ayant pour thème l’ouest sauvage avant de devenir un long métrage de 2h15. Autant vous dire que je craignais le film à sketchs déséquilibrés. Et c’est malheureusement ce devant quoi je me suis retrouvé : six histoires inégales aussi bien sur le plan quantitatif (le 5ème récit prend un gros quart du film) que qualitatif. Chacune d’entre elles mélange plusieurs styles comme le western, l’absurde, le drame ou la comédie musicale. Personnellement, j’ai eu un gros coup de cœur pour la 1ère, la 4ème et la 6ème histoire. Je ne vous en dis pas plus afin que vous puissiez vous faire votre propre avis quand il sortira en France.

« A star is Born » de Bradley cooper ( Hors compétition)

« A star is Born » raconte l’histoire d’un chanteur alcoolique qui va tomber amoureux d’une jeune serveuse à la voix mélodieuse et va la faire devenir une star de la musique. Le scénario est sans grande surprise, bourré de clichés et j’ai eu l’impression 70% du temps de me retrouver en face d’une bluette dans la même veine qu’un « Dirty dancing » ou «  Bodyguard ». Attention, ce n’est pas un mal mais je ne suis pas un grand fan de ce genre de film. Pour autant, je reconnais que Bradley Cooper ne s’en sort pas trop mal devant comme derrière la caméra, les chansons sont plutôt marquantes et Lady gaga est magistrale dans le rôle-titre. Je souhaite à cette dernière de se retrouver aux Oscars.

« Anons » de Mahmut Fazil Coşkun  ( Orizzonti )

« Anons » ou « The announcement » en anglais est une comédie dramatique turque qui retrace la tentative de 4 militaires un brin malchanceux pour  relayer l’annonce d’un futur coup d’État à la radio d’Istanbul. Les premières minutes sont assez délicates car son histoire qui se dévoile par petites touches et son dispositif assez figé (une succession de plans fixes) ne facilitent pas l’immersion. Pourtant, une fois que l’intrigue se met en place, le film se révèle très drôle et plutôt touchant. Le scénario et l’interprétation des 4 comédiens principaux y sont pour beaucoup. Je vous recommande d’y jeter un coup d’œil, s’il sort un jour en France.

« Doubles vies » d’Olivier Assayas ( Compétition Officielle)

Changement de registre pour Olivier Assayas qui a décidé de s’aventurer sur le terrain de la comédie de mœurs. Son « doubles vies » est un gros marivaudage qui aborde la question de notre rapport au numérique et au respect de la vie privée d’autrui. Le sujet est plutôt bien traité et certaines scènes sont vraiment très drôles mais je regrette qu’Olivier Assayas se concentre un peu trop sur la dialectique du propos et oublie de développer une histoire. Je trouve que ses personnages sont souvent sacrifiés au profit des idées qu’Assayas cherche à faire passer. Dommage, surtout que le quatuor Guillaume Cannet/Vincent Macaigne/Juliette Binoche/Nora Hamzawi fonctionne bien.

J’ai terminé ma journée sur les projections de « Suspiria » et de « Frères Ennemis » mais comme les projections se sont finies tard et que j’ai besoin de digérer le film de Luca Guadagnino, vous aurez mon avis sur ces deux films dans l’article consacré au jour 4.

4 septembre 2018
Willard