• Par:
  • Année:
  • Durée:
  • Origine:
Mostra de Venise 2018

Le Grill à Venise : Jour 7

On attaque la dernière ligne droite du festival. Au programme du jour, je vais vous parler d’un film de procès argentin, de Natalie Portman qui joue les popstar, du nouveau Joachim Lafosse et du retour sur la scène internationale d’un cinéaste Allemand.

Acusada de Gonzalo Tobal (compétition)

« Acusada » est un projet que semble porter le cinéaste argentin Gonzalo Tobal depuis plusieurs années. Passé par la section développement de la Mostra de Venise, il a réussi à trouver des fonds en étant produit par la Warner Bros. De ce fait, je ne pourrais pas dire si c’est la firme américaine qui a fait certaines coupes dans le scénario ou s’il est resté tel quel mais « Acusada » souffre du même défaut majeur qu’une autre production étrangère du mastodonte hollywoodien, « In the Fade »: une idée de départ prometteuse reléguée au second plan afin de laisser place à un film de procès à peine correct. Ici, Gonzalo Tobal nous plonge dans la tête d’une jeune adolescente accusée du meurtre de sa meilleure amie. C’est frustrant car au travers de ce postulat, le cinéaste tente de livrer une critique des médias de masse et de leurs influences dans ce type d’affaire. Malheureusement, plus on avance dans l’intrigue, plus le film abandonne progressivement ce propos pour laisser place à un scénario à tiroirs très poussif. Après, c’est plutôt bien rythmé et on sent que les acteurs essayent de faire leur possible pour sauver l’ensemble mais malheureusement, ce n’est pas suffisant.

Vox Lux de Brady Corbet (Compétition)

Depuis hier soir, « Vox Lux » divise la Lagune et il me tardait de me frotter au deuxième long-métrage de Brady Corbet. C’est chose faite ce matin et j’en suis sorti avec un sentiment légèrement mitigé. Il faut dire que j’ai adoré l’angle adopté par le jeune réalisateur américain. Ici, il balaye 20 ans de la vie d’une jeune pop star américaine, Céleste, en l’abordant sous la forme d’un conte faustien. Si les quarante-cinq premières minutes m’ont littéralement transporté, j’ai été un poil déçu par l’heure suivante. J’aurais aimé que Corbet garde un peu plus son ambiance onirique et ne se contente pas d’aligner des clichés dignes d’un tabloïd. Certes, le sujet s’y prête mais je trouve ça juste dommage qu’il ne développe pas plus la relation malsaine entre le personnage de Céleste et sa célébrité. Pourtant, il s’agit du seul gros défaut de cette œuvre plutôt fascinante. La mise en scène est de grande qualité et Natalie Portman est exceptionnelle dans la peau de cette star en pleine crise existentielle. Rendez-vous dimanche au palmarès.

Continuer de Joachim Lafosse (Venise days)

« Continuer » est le nouveau film du Belge Joachim Lafosse qui ne m’a jamais vraiment déçu. Pour autant, j’attends toujours de lui, l’œuvre qui lui permettrait d’accéder au statut d’auteur francophone majeur. Malheureusement, ce ne sera pas cette histoire de relation mère-fils conflictuelle en plein milieu du Kirghizistan qui le fera accéder à ce rang. « Continuer » manque cruellement d’originalité. J’ai l’impression d’avoir déjà vu cette histoire au moins une bonne cinquantaine de fois dans le paysage cinématographique français et le scénario est plutôt prévisible. Malgré ces écueils, je reconnais que la photographie est sublime, le duo Virginie Efira/ Kacey Mottet Klein fonctionne très bien et que l’ensemble sonne plutôt juste.

Werk ohne Autor de Florian Henckel Von Donnersmarck (Compétition)

Je n’attendais pas spécialement « Werk ohne Autor » mais j’étais quand même curieux de revoir au premier plan le réalisateur de « La vie des autres ». Le résultat est un joli mélodrame plutôt inoffensif de trois heures dix minutes sur la trajectoire d’un artiste peintre du début du régime nazi jusqu’au milieu des années 70. Je n’ai pas grand-chose à dire car même si je ne me suis pas ennuyé, que la mise en scène du réalisateur allemand est plutôt de bonne facture et que les acteurs sont bons, je n’ai pas été emporté par le film. Je trouve que le développement des personnages est un peu bâclé et que l’histoire en elle-même est assez superficielle. Pour autant, le film est très bien accueilli par le public à la fin de la séance donc je vous laisse vous faire votre avis, s’il sort dans nos contrées.

7 septembre 2018
Willard