• Par: Patricia Mazuy
  • Année: 2018
  • Durée: N/A
  • Origine: France
  • N/A
Les déceptions du grill
Sorties Cinéma

Paul Sanchez est revenu

Paul Sanchez aurait mieux fait de rester là où il était

Tourné du côté de Draguignan, Paul Sanchez est revenu a pour lui de trancher rapidement et radicalement avec la grisaille des polars “bouillis-dur” franchouillards : notre héroïne, Marion (Zita Hanrot, très impliquée), gaffeuse mais volontaire, part sur les traces de Paul Sanchez, meurtrier en cavale depuis 10 ans. Pas d’alcoolisme latent ni de vieux briscard divorcé trois fois qui accomplit chaque jour une tâche rude au nom d’une justice à laquelle il ne croit plus, ici on oppose dans un fait divers un personnage solaire à un sociopathe confirmé et on voit ce qu’il se passe. Au moins ça change.

Laurent Lafitte sortait de la comédie française (Paris) à 22h30 puis était embarqué à l’arrière d’une voiture pour aller tourner ses scènes le lendemain dans le Var… avant de repartir. Autant dire qu’il joue parfaitement le mec épuisé après 10 an de fuite !

Reste que si les deux protagonistes principaux sont intéressants, l’une parce que hautement sympathique et l’autre car terriblement antipathique, on ne peut pas en dire autant du reste du film.

L’enquête pas vraiment digne de ce nom se cristallise autour d’une coïncidence vraiment forcée et si on salue l’intention de vouloir passer d’une partie thriller a une sorte de duel façon western, les comportements au delà des limites de la cohérence, l’insupportable commissaire qui semble faire du De Funes en pas drôle, le GIGN qui découvre le fin mot de l’histoire en regardant un poster ou encore les dialogues dont même les acteurs ne semblent pas convaincus de la pertinence, nous empêchent d’être plus que mollement enthousiasme.

J’aimais bien l’affiche puis j’ai repéré le photoshop de Zita Hanrot et là….

En fait le problème du film est qu’il semble bien trop calibré pour une diffusion télé, la volonté de donner un côté sérial est presciente. On pourrait citer ses têtes d’affiche, son rythme en dents de scie qui paraît construit pour accueillir des coupures pubs, le fait qu’on pourrait en louper 15 minutes et quand même suivre car ses personnages sont tous immédiatement familier et ses rebondissements très convenus. Ce n’est pas forcément un tort, et je pense que les vrais amateurs de polars apprécieront la prise à revers de certains codes de même qu’un twist bien senti, mais de notre côté on est resté sur notre faim.

Vu dans le dossier presse : Pour éclairer notre producteur, Patrick Sobelman, qui s’est quand même lancé dans l’aventure sur une demi-ligne de scénario, on se disait “ce n’est pas Fargo, ni Memories of Murder, ni un David Fincher, mais c’est un peu des trois”.
Mouais…

16 juillet 2018
Alcide