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Festival de Cannes

Festival de Cannes 2017- la compétition

J-2 avant l’ouverture de la 70 ème édition du festival de Cannes mais cela fait presque deux mois que nous sommes dans les starting blocs à tel point que nous nous étions même livrés au jeu des pronostics.

Bon, Alcide et Callaghan m’ont fait entièrement confiance sur le choix des films et on s’est un peu trompé. Depuis, ils me balancent des canettes de bière à la tête dès que j’évoque le sujet.

Cette édition s’annonce de grande qualité : 57 films en sélection officielle, des sélections parallèles qui ne manquent pas de panache, le jury de la compétition est aussi électrique qu’éclectique, des événements à gogo et une soirée d’anniversaire où les participants devraient revisiter 70 ans de festival accompagnés par un parterre de stars. Rien à dire, Thierry Frémaux, dont nous saluons ses dix années en tant que délégué général, et Pierre Lescure ont fait du super boulot.

C’est donc avec fierté que je couvrirai cet événement pour le site. Malheureusement, Alcide et Callahan ne pourront pas, pour des raisons indépendantes de leur volonté, m’accompagner sur la croisette et il y a certains jours où je ne ferai pas acte de présence (3 jours sur 11 pour être précis) mais je vous promets d’essayer de faire des articles (presque) quotidiens de mes pérégrinations, moindre des choses pour vous remercier de vos trois ans de soutien car sans vous rien n’aurait été possible. Sans trêve de cérémonie autre, évoquons la compétition.

« In the Fade » de Faith Akin

Auteur des excellents «Dead On», « De l’autre côté » et « Soul Kitchen », Fatih Akin revient avec un thriller qui risque de fortement coller au contexte international de ces dernières années. « In the Fade » suivra la vengeance de Katja, bien déterminé à traquer les auteurs de l’attentat à la bombe qui a tué son mari et son fils. Une plongée dans la communauté turque extrémiste qui ne devrait pas manquer de sel surtout qu’il marquera le premier rôle dans la langue de Goethe de la plus francophone des actrices allemande Diane Kruger.

Baromètre du Grill: Day One

 

« The Merowitz Sotries » de Noah Baumbach

Doté d’un des castings les plus improbables de la croisette (Hoffman, Sandler, Thomson, Stiller, Schwartzman), « The Meyerowitz Stories » est l’un des invités surprises de cette 70 ème édition. Sauf qu’on a du mal à se réjouir, vu que nous ne sommes pas de grands fans du travail de Noah Baumbach. Peut-être que son dernier opus va changer sa réputation de sous Woody Allen ennuyeux mais son histoire de la réunion d’une famille dysfonctionnelle autour de la rétrospective artistique du patriarche ne nous inspire pas trop confiance.

Baromètre du Grill : Si je n’ai rien d’intéressant à voir, j’irai

 

« Okja » de Bong Joon-ho

Au Grill, chaque film de Bong Joon-ho est considéré comme un événement qu’on ne veut louper sous aucun prétexte. Porté par un incroyable casting, « Okja » s’annonce comme un grand film d’aventure où une jeune Coréenne va s’engager dans une incroyable épopée afin de sauver son imposant cochon mutant de compagnie des griffes d’une patronne d’une grande multinationale. Pour autant, il ne sera pas dénué de propos vu que le cinéaste coréen a coécrit le scénario avec l’auteur des « Chèvres du Pentagone », Jon Roson et que la campagne virale autour du film semble véhiculer un propos aussi passionnant que critique envers notre société de consommation. Bref, je compte les heures.

Baromètre du Grill : Day One

 

« 120 battements par minute » de Robin Campillo

Autre invité surprise de la compétition, le troisième long métrage de Robin Campillo nous plongera dans une virée dans les années sida avec l’histoire d’un jeune homme qui va s’engager pour l’association Act-Up. Le précédent film du réalisateur français, « Eastern Boys », m’avait séduit et je suis extrêmement curieux de voir la manière dont il va aborder un sujet pas si facile à traiter. Surtout que si l’ensemble est réussi, il y a de fortes chances qu’il puisse toucher Pedro Almodovar.

Baromètre du Grill: Day One

 

« Les Proies » de Sofia Coppola

Gros débat au Grill autour de ce film, Alcide croit toujours à un retour en grâce de Sofia Coppola tandis que je pense que ce projet continuera à creuser son cercueil. Et si Thierry Frémaux a affirmé lors de la conférence de presse que cette nouvelle version du roman de Thomas Cullinan ne ressemblait en rien au classique de Don Siegel, son ambiance qui fait fortement penser à un mix entre « La Nuit du Chasseur » et « Misery » ne m’a pas tellement convaincu. Reste que son casting quatre étoiles m’attire et qu’on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise.

Baromètre du Grill : Pourquoi pas

 

« Rodin » de Jacques Doillon

Pour les  100 ans de sa mort, Jacques Doillon a décidé de consacrer un biopic au célèbre sculpteur français. Si le projet paraît appétissant de prime abord,  ressasser (en grande partie) la passion entre Rodin et sa muse Camille Claudel, 30 ans après le film de Bruno Nuytten, me paraît être une idée assez risquée. De plus, le style assez sage de Doillon me laisse penser qu’on penchera plus vers le biopic académique en costumes que vers  la grande fresque ambitieuse. Le principal intérêt ne résidera probablement que sur la performance de Vincent Lindon qui semble habité par son rôle.

Baromètre du Grill : Pourquoi pas

 

« Happy End » de Michael Haneke

Connaissant et adorant le cinéaste Autrichien, impossible de ne pas voir une connotation fortement ironique dans le titre de son dernier film qui dépeindra le quotidien d’une famille bourgeoise européenne habitant proche de la jungle de Calais. Je sais qu’avec son casting de haut vol (Isabelle Huppert, Toby Jones, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz) et le pitch que je viens d’exposer, je devrais être enthousiaste mais mes souvenirs contrastés de « Code Inconnu » me rappellent  que la dernière fois qu’ Haneke a traité un sujet politique aussi sensible, il s’était pris les pieds dans le tapis.

Baromètre du Grill : Pourquoi pas

 

Wonderstruck de Tood Haynes

Ecrit par l’auteur d’Hugo Cabret, nous suivrons l’histoire de deux enfants sourds vivant à deux époques différentes mais qui se retrouveront connectés par le même mystère. Pitch très attrayant pour un film qui s’annonce comme étant grand public (littéralement, la commission de classification américaine lui a accordé un classement PG comme « Vaiana », le dernier Disney) surtout que la rencontre Julianne Moore/Michelle Willams devrait faire des étincelles et j’ai une entière confiance en Todd Haynes pour sublimer l’ensemble.

Baromètre du Grill : Day One

 

« Le Redoutable » de Michel Hazanavicius

Dépeindre Jean-Luc Godard comme un personnage de comédie, tel est le pari fou de Michel Hazanavicius. Le réalisateur d’ « Oss 117 » tentera de comprendre, au travers de la relation entre le cinéaste et son actrice Anne Wiazemsky, comment l’icône de la nouvelle vague est passée du statut de pilier d’un des mouvements les plus célèbres du cinéma mondial à celui d’artiste aussi hors normes qu’incompris. Au Grill, on est totalement séduit par le projet et ce n’est pas un Louis Garrel habité par son personnage qui nous en fera démordre.

L’un des plus beaux pieds de nez qu’on a pu voir cette année, on se le passe en boucle à la rédaction. Merci Michel.

Baromètre du Grill: Day one

 

« The Day After (Geu-Hu) » de Hong Sangsoo

Si on pensait tous que le réalisateur d’« In Annoter Country » ne viendrait à Cannes que pour présenter « La Caméra de Claire », son nouveau projet avec Isabelle Huppert sélectionné en séance spéciale, Hong Sang-Son a fait la surprise de ramener un deuxième film dans sa valise. « The Day After » racontera l’histoire d’un employé d’une grande maison d’éditions coréenne qui va se retrouver mêlée d’une manière assez incongrue aux infidélités de son patron car la femme de ce dernier croira qu’il est son amant. Encore une histoire de marivaudage pour le cinéaste sud Corréen mais le choix du noir et blanc ainsi que ce curieux pitch a attisé notre curiosité.

Baromètre du Grill : Pourquoi pas

 

« Vers la lumière (Hikari) » de Naomi Kawase

Le nouveau film de Naomi Kawase portera sur l’histoire d’amour d’une audiodescriptrice de films et d’un photographe qui progressivement perd la vue. Dit comme ça, il y a peu de chances que le film transpire la joie et la félicité mais j’ai entièrement confiance dans le style sensoriel de la réalisatrice japonaise pour faire de « Vers la lumière » une expérience de cinéma captivante.

Baromètre du Grill : Pourquoi pas

 

« L’amant Double » de François Ozon

Avec « L’Amant Double », François Ozon explore le genre du thriller érotique. Si le film s’annonce comme étant particulièrement hot et semble être porté par un magnifique duo Jeremy Renier/ Marine Vacth, son histoire de jeune patiente tombant amoureuse de son mystérieux (et peut-être dangereux) psychiatre me donne des sensations de déjà-vu. Pour autant, on reste quand même intrigué par l’enthousiasme d’un Thierry Frémaux n’hésitant pas à citer Hitchcock et Cronenberg pour qualifier le nouveau long métrage du réalisateur de « Frantz ».

Baromètre du Grill: Pourquoi pas

 

« The Killing of a Scared Deer » de Yorgos Lanthimos

« The Lobster » fut l’un de mes plus gros coups de cœur de 2015, c’est donc avec un enthousiasme certain que j’attends le nouveau long métrage de Yorgos Lanthimos. On y suivra un brillant neurochirurgien, incarné par Colin Farrell, qui aura le malheur de prendre sous son aile un jeune adolescent qui va irrémédiablement bouleverser son quotidien. Présenté comme une sorte de tragédie grecque, nul doute que le cinéaste arrivera à nous surprendre avec une œuvre encore inclassable.

Baromètre du Grill : Day One

 

« Une Femme Douce » de Sergei Loznitsa

Je vais être honnête « Une femme douce » est le film que j’attends le moins sur la croisette. Ce n’est pas dû à son histoire de jeune femme qui décide de se rendre dans une prison au fin fond de la Russie profonde afin d’avoir des nouvelles de son mari incarcéré à tort pour un crime qu’il n’a pas commis mais à son metteur en scène. Pour avoir vu le précédent long métrage de fiction du cinéaste ukrainien, « Dans La Brume », j’ai énormément de mal à adhérer à son style très lent et contemplatif. Il me fait penser à du  sous Tarkovski mixé avec l’immobilisme formel d’un Béla Tarr. Certes ce n’est pas insurmontable mais si Une femme douce, dont la durée est prévue  autour de 3 heures, se retrouve programmé en fin de festival, je préférerai m’abstenir plutôt que de risquer de piquer un gros dodo en plein milieu de la séance.

Baromètre du Grill : Si je n’ai rien d’autre à voir, j’irai

 

« Jupiter’s Moon » de Kornél Mundruczo

Trois ans après avoir glané le prix Un Certain Regard avec son bancal mais très intéressant « White Dog », Kornél Mundruczo revient directement en compétition avec son nouveau film. Si j’imagine certains d’entre vous passer à l’avis suivant dès que je vous annoncerais que « Jupiter’s Moon » est un film hongrois qui traite en toile de fond  de la crise des migrants, son histoire de jeune homme qui développe des superpouvoirs dans un camp de réfugiés devrait vous intriguer autant que nous. Est-ce qu’après le fils de Saul il y a deux ans, « Jupiter’s Moon » sera la nouvelle bonne surprise hongroise ? Nous, on y croit.

Baromètre du Grill: Day One

 

« You Were Never Really Here » de Lynne Ramsay

J’ai découvert récemment « I need To talk about Kevin » et je dois dire que je me suis pris une claque. Son style très visuel et sa capacité de traiter des sujets polémiques avec intelligence font de Lynne Ramsay l’une des cinéastes dont je vais suivre la carrière de très près. Donc, il est incontestable que j’irai jusqu’à vendre mon deuxième rein (le premier étant parti contre une invitation de Juste la fin du monde, j’ai trouvé que le rapport qualité-prix n’était pas au rendez-vous) pour avoir mon invitation pour voir son dernier film. Annoncé comme un thriller, on suivra le combat d’un ancien vétéran de guerre, incarné par Joaquin Phoenix, pour sauver une jeune fille d’un réseau de trafic sexuel mais les choses vont mal se dérouler. Je vous ai déjà dit que j’avais hâte de le voir.

Baromètre du Grill: Day One

 

« Good Time  »de Josh et Ben Safdie

Selon Thierry Frémaux et si on exclut tous les thrillers, films à consonance fortement fantastique ainsi que celui de Yorgos Lanthimos (oui, pour moi ses œuvres sont totalement inclassables) déjà évoqués précédemment, il s’agit du « film de genre » de la compétition. On le devra aux frères Safdie, deux cinéastes américains spécialisés dans le drame naturaliste. Pour leur changement radical de style, ils nous dépeindront l’histoire d’un braqueur qui va entamer une longue descente aux enfers dans les rues de New York afin de faire évader son petit frère de prison. Le pitch ne transpire pas la nouveauté mais au Grill on adore les cinéastes qui sortent de leur zone de confort. De plus, la présence du trio Robert Pattinson/ Jennifer Jason Leigh/ Barkhad Abdi au casting nous a convaincu qu’il ne faudra le louper sous aucun prétexte.

Baromètre du Grill : Day One

 

« Faute d’amour » (Loveless) de Andrey Zvyagintsev

Le réalisateur russe de l’excellent « Léviathan » ( prix du scénario 2014) s’attaque avec son dernier film au thème du divorce. Pas très original mais pourtant l’angle adopté a de quoi me séduire car ici l’enfant du couple, lassé par les disputes et le manque d’attentions de ses parents, va décider de fuguer obligeant par la force des choses les protagonistes à se remettre en question. Personnellement, je m’attends à un film féroce qui ne devrait laisser aucun spectateur de marbre.

Baromètre du Grill : Pourquoi pas

 

« The Square » de Ruben Ostlund

Après s’être fait connaître internationalement avec « Snow Therapy », prix du jury un certain regard en 2015, le suédois Ruben Ostlund fait son entrée en compétition avec son premier film en langue anglaise. S’il y a autant de raisons d’espérer le meilleur comme de craindre le pire, au grill, nous sommes excités comme des petites puces. L’étrangeté de la seule photo disponible du film allié au style d’Ostlund, nous laissent  présager que son histoire de directeur de musée ambitieux qui prépare une exposition à l’impact puissant risque de véhiculer un regard aussi barré que cynique sur le monde de la culture. Si c’est vraiment le cas, on risque de ne pas être déçus.

Baromètre du Grill : Day One