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Festival de Cannes
Le Grill a aimé

Notre top de la Compétition

L’équipe du grill est descendue quelques jours à Cannes pour couvrir la 71ème édition du festival. On a visionné 30 films dont 16 de la compétition officielle, de quoi vous livrer quelques jours après la cérémonie de clôture, un premier top 6, sans ordre, du meilleur de la compétition officielle.
On fera un autre article sur la hors compétition et les sections parallèles quand on aura rattrapé tous les films qui nous tentent fort.

Leto de Kirill Serebrennikov

Cette dramédie musicale aurait pu être ma claque de la compétition si le réalisateur russe avait un peu plus développé ses personnages. En l’état, « Léto » reste une plongée fascinante dans l’essor du mouvement rock dans la Russie des années 80. Sa mise en scène sublime et le sentiment de liberté qui se dégage du film m’ont séduit. La scène du train au son de Psycho Killer des Talking Heads est un bijou.

 

Un Couteau Dans Le Cœur de Yann Gonzalez

Comme pour « Les Garçons Sauvages », il s’agit d’un film incroyablement singulier que je ne peux pas recommander à tout le monde. Ouvertement gay, plutôt kitsch, épousant les codes du Giallo et assumant à fond ses partis pris quitte à frôler dangereusement la case de la série Z érotico-sentimentale, « Un couteau dans le cœur » est un ravissement pour ceux qui seront sensibles à l’univers déployé par Yann González. Ce fut le cas pour moi, même si je reconnais que les prestations de Vanessa Paradis et de Nicolas Maury sont assez inégales.

 

Une Affaire De Famille de Hirokazu Kore-Eda

J’ai l’habitude de dire que les films de Koreeda sont des portraits à l’aquarelle qui se dessinent touche par touche. Cette métaphore peut être aussi appliquée à « Une Affaire de Famille ». Le réalisateur japonais prend le temps de (dé)construire le portrait de cette famille marginale tout en dressant un constat assez amer sur la société de son pays. C’est magnifiquement écrit, remarquablement interprété, il pèche juste par une mise en scène un peu trop fonctionnelle que pour sublimer l’ensemble.

Après, Alcide ne pense pas forcement pareil.

 

Dogman de Matteo Garrone

Le réalisateur italien Matteo Garrone livre un film coup de poing sur l’escalade de la vengeance où comment un homme bienveillant et discret peut tout à coup sombrer dans la violence et l’immoralité. Marcello, toiletteur pour chiens, voit revenir de prison son ami Simoncino. Ce dernier, accro à la cocaïne, retrouve ses anciens démons et brutalise le quartier. Marcello se laissera progressivement entrainer malgré lui dans une spirale criminelle. Dogman est un drame humain à la noirceur abyssale où Matteo Garrone ausculte le côté bestial de chacun de ses protagonistes en les poussant à l’extrême. La prestation de l’acteur Marcello Fonte est telle qu’il repartira avec le prix d’interprétation masculine.

 

Cold War de Pawel Pawlikowski

Cold War conte l’amour impossible entre un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée pendant la guerre froide. Le gris universel de l’époque soviétique se retrouve dans le choix du noir et blanc pour le film du réalisateur polonais Pawel Pawlikowski. Ce drame shakespearien où Joanna Kulig et Tomasz Kot livrent une prestation de haut vol, est avant tout une œuvre universelle. L’importance de la musique est à souligner où elle fait ici office de troisième personnage. Avec sa photographie soignée et sa réalisation maitrisée, Cold War emportera le prix de la mise en scène.

 

Capharanaüm de Nadine Labaki

Capharnaüm suit le destin de Zein, un petit garçon de 12, faisant face au procès qui l’oppose à ses parents, à qui il reproche de l’avoir mis au monde. Le film de Nadine Labaki met en scène le chaos qui régit la vie de cette famille mais aussi celle de l’ensemble du quartier pauvre de Beyrouth. Elle condamne les conditions misérables dans lesquelles ces familles vivent et évoluent pour s’en sortir. D’aspect quasi documentaire, la montée en puissance du récit est telle que l’émotion ne peut que nous toucher en plein cœur. Ce long-métrage libanais gagnera le prix du jury. Amplement mérité.

 

Article écrit par Willard et Callahan.

26 mai 2018
Willard