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Minuscule 2 : Les mandibules du bout du monde

Petites bêtes, grandes ambitions

Des insectes cartoon à gros yeux qui communiquent par des bruitages au kazoo et une pelletée de plans macro du Mercantour, voilà en somme la recette de la série télé Minuscule : La Vie privée des insectes d’Hélène Giraud et Thomas Szabo. En 2014 la saga microcosmique passe au long métrage, bien leur en pris, Minuscule : La vallée des fourmis perdues c’est 1,5 million d’entrée dans l’hexagone et un César du meilleur film d’animation. Quatre ans plus tard le second opus arrive et mazette, le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont mis les petits plats dans les grands.

Alors oui, les entomologistes en herbe qui attendent de la rigueur scientifique en seront pour leurs frais.

Direction la Martinique, pléthore de nouveaux mini-bestiaux chitineux et un scénario qui a des relents de Monde de Némo, oui on a tous vu la bande-annonce, par contre ce qu’il faut retenir c’est que tout a franchi un sacré palier en terme de qualité. L’incrustation des insectes look BD aux prises de vues réelles où à des matte painting fait l’objet d’une minutie absolue, pas un reflet sur une aile, pas une trace de pas dans le sable ou la neige n’est oubliée. Le choix de ne pas tout modéliser en images de synthèse n’est plus qu’un moyen de couper le budget en quatre mais devient une vraie force, une vision artistique assumée et souvent transcendée.

Minuscule c’est un peu la french touch dans toutes sa splendeur, rien à voir avec Fourmiz ou 1001 pattes. Sinon la musique est de Mathieu Lamboley, qui a œuvré sur Boule & Bill 2

Autre contrainte qui n’en est pas, sans parole, tout passe par le comportements de ces petites bêtes. Tapant dans un dialogue par le mouvement, du slapstick comme pour Buster Keaton ou Max Linder, Minuscule n’oublie pas non plus d’y insérer un peu de cœur façon Charlot. Moins ouvertement comique que le premier épisode mais à peine plus posé, Minuscule 2 prend rapidement les rails d’un grand récit d’aventure, largement inspiré du monomythe de Campbell (en gros LA structure phare du récit d’apprentissage fantastique hollywoodien). Une ambition aidée par la musique orchestrale omniprésente, se mêlant pour le meilleur à une direction artistique aux acmés régulières faisant penser à l’âge d’or de Disney.

Pourras-t-on un jour présenter une chenille au cinéma et ne pas penser à Alice aux Pays des merveilles ?
Réponse courte : non, c’est mort.

Plus ambitieuse et soignée, difficile de trouver de vrais défauts à cette pépite de l’animation française, les rares séquences sans les insectes peut être, avec des figurants humains dans un surjeu volontaire et grotesque. Bien entendu avant tout destinée aux enfants, cette fable manque de pas grand-chose pour être comparable à un des meilleurs Disney ou Pixar. Minuscule 2 : Les mandibules du bout du monde est l’exemple même de la suite qui fait tous les bons choix.

Minuscule 2 : Les mandibules du bout du monde

Est N'est pas
Visuellement un cran au-dessus du premier opus Qu'une comédie, un petit récit d'apprentissage est aussi là
Doté d'une direction artistique de haute volée Sans quelques séquences en dessous, surtout celles avec les humains
Très attachant, autant son univers que ses personnages Doté d'un scénario qui lui permet de se hisser au rang de chef-d'oeuvre
Muet, et ça permet des trésors de mise en scène Qu'une suite oubliable, il a de l'ambition et des idées
Et moi qui pensais que Dragon 3 allait être mon premier coup de cœur de l'année / 20