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Le Grill a aiméSorties Cinéma

My Beautiful Boy

My Beautiful Chalamet

Très remarqué par son puissant Alabama Monroe nominé au Oscars dans la catégorie Meilleur Film Étranger en 2013, Felix Van Groeningen s’inscrit aujourd’hui comme l’un des réalisateurs phare de son pays et du paysage cinématographique contemporain. Son cinquième long métrage reprend les codes des précédents et nous plonge dans un drame familial sous fond de lutte contre l’addiction.

David Sheff (Steve Carell) est un père de famille recomposée dont le fils aîné Nic (Timothée Chalamet) est un jeune adolescent brillant, cultivé et sensible. On comprend qu’il consomme de la drogue occasionnellement avec ses amis ou dans un contexte social mais, lorsqu’il découvre la méthamphétamine à son entrée en faculté, le piège se referme. Pourtant, ce n’est pas Nic le personnage central de cette histoire mais le récit cinématographique se partage entre lui et son père. Le film s’attache à nous montrer alternativement le point de vue d’un père désemparé face à la violence de l’emprise de la drogue sur son fils et celui de Nic désorienté son addiction. On doit cela au fait qu’il s’agisse d’une double adaptation des mémoires respectives de Nic et David, Tweak : Growing Up on Methamphetamines pour le premier et Beautiful Boy : A father’s Journey Through His Son’s Addiction pour le second.

My Beautiful Boy offre un rôle de marque à Steve Carell, toujours aussi efficace dans des rôles à contre emploi de ses débuts. Pour autant, il ne pique pas la vedette à Timothée Chalamet qui avait éveillé notre curiosité avec Call Me By Your Name et remporte une nomination dans la catégorie Meilleur Second Rôle Masculin aux Golden Globes.

Une nouvelle fois, Felix Van Groeningen s’entoure de la même équipe. Si l’image est impeccable, on la doit à Ruben Impens (directeur de la photographie ayant travaillé sur toute la filmographie de Van Groeningen) qui nous balade dans les rues colorées d’un San Francisco à la fois ensoleillé et sombre, au regard des hauts et bas de Nic. Quant à Nico Leunen, chef monteur et deuxième collaborateur de longue date du réalisateur, il aborde avec brio des flashbacks et retour au présent de l’action sur des années durant sans nous perdre une seule fois. Parfois il ne s’agit qu’un détail du passé de Nic ou de David qui nous est rappelé par un souvenir et la subtilité du montage réside entièrement dans la force de sa construction.

Si l’on est d’abord touché par la relation entre les deux personnages principaux, on réalise très vite que la force du film s’appuie aussi sur l’écriture et la place des personnages secondaires. À ce titre, la mère de Nic, sa belle mère, son petit frère et sa petite sœur sont des piliers de son équilibre qu’il rejette malgré lui à cause de la dépendance.

My Beautiful Boy dénote dans ce début d’année 2019 blockbusterisé. Il propose une histoire à la fois simple et profondément complexe, celle d’un cocon familial a priori ouvert et aimant, au sein duquel l’un de ses éléments fondateurs va sombrer dans un des pièges les plus violents de nos générations. À travers un double portrait, on comprend que l’enfer de la drogue touches toutes les classes sociales à travers le même canal ; celui des veines du dépendant. Le drame est juste, nos larmes sont méritées et Felix Van Groeningen confirme son talent. Deux grands acteurs se donnent la réplique et nous offre le spectacle d’un relationnel père-fils crédible et terriblement touchant.

 

My Beautiful Boy

Est N'est pas
le cinquième long métrage de Felix Van Groeningen tire-larmes
un drame familial misérabiliste
l’occasion de se régaler avec une BA concoctée par le réalisateur pour coller à la période , vies et goûts des personnages gratuit, il adopte un ton juste
un film sur l’addiction et les liens familiaux mal du tout… il est même très bon
Comment débuter une belle année de cinéma / 20