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Mostra de Venise 2018

Le Grill à Venise : le Bilan

Le journal de Bord du festival

Jour 1 : http://cinematogrill.fr/le-grill-a-venise/

Jour 2 : http://cinematogrill.fr/le-grill-a-venise-jour-2/

Jour 3 : http://cinematogrill.fr/le-grill-a-venise-jour-3/

Jour 4 : http://cinematogrill.fr/le-grill-a-venise-jour-4/

Jour 5 : http://cinematogrill.fr/le-grill-a-venise-jour-5/

Jour 6 : http://cinematogrill.fr/mostra-de-venise-jour-6/

Jour 7 : http://cinematogrill.fr/le-grill-a-venise-jour-7/

Jour 8 : http://cinematogrill.fr/le-grill-a-venise-jour-8/

Jour 9 : http://cinematogrill.fr/le-grill-a-venise-dernier-jour/

Je termine mon périple à la Mostra de Venise avec 41 films au compteur dont les 21 que compose la compétition pour le Lion d’or. Ainsi pour mon dernier article sur cette 75e édition du festival italien, j’ai décidé de vous dresser un bilan de ce que j’ai pu voir.

La sélection officielle

J’ai trouvé que mis à part quelques couacs, surtout en hors compétitions (indice : ils sont Français), la sélection officielle était de grande qualité. À mon sens, beaucoup de films se répondaient : « Shadow »/ « Killing » pour le film de sabre, « la balade de Buster Scruggs »/ « Les Frères Sisters » en ce qui concerne le genre du western, « Peterloo »/ « Un peuple et son roi » sur les manifestations du peuple face à l’autorité, « A Star is Born »/ « Vox Lux » sur le rapport à la célébrité, « Double Vies »/ « Nuestro tempo » sur notre rapport à la notion de possession et aux nouvelles technologies. C’était fortement agréable car cela signifie que le sélectionneur Alberto Barrera a pensé sa sélection avec une vraie ligne artistique. Exploit notable surtout que la sélection des films était assez riche et variée.

Pour revenir sur la compétition, j’ai eu pas moins de 9 gros coups de cœur sur les 21 films en lice pour le Lion d’or : « First Man », « The Favourite », « Les Frères Sisters », « Roma », « What you gonna do When The world’s on fire ? », « Vox lux », « Nuestro tempo », « The Nightingale » et « Killing ». Je me doute que le jury de Guillermo Del Toro a dû passer de sacrées nuits blanches.

 

Mon Avis sur le Palmarès

 

« Roma » d’Alfonso Cuarón : Lion d’or

Dès la sortie de la projection, le deuxième jour du festival, ce fut pour moi une évidence. Le nouveau film d’Alfonso Cuarón allait remporter le lion d’or ou du moins, ça allait être difficile de le déloger de son statut de favori. Personne n’a réussi à le faire. Roma est le premier grand film qui sera diffusé sur Netflix. Certes, il s’agit d’une victoire qui nous a fait sourire au grill mais le géant de VOSD va priver les cinéphiles français d’une belle expérience collective. J’estime que Roma ne peut difficilement être vu ailleurs que sur grand écran et que le découvrir sur un autre support nuirait à la perception du film. Je reconnais  la chance que j’ai eue et je recommande fort à tous les cinéphiles français de se ruer vers le festival lumière à Lyon, les 15 et 19 octobre prochain, afin de profiter pleinement de l’œuvre de Cuarón.

 

The Favourite de Yórgos Lánthimos : Lion d’argent – Grand Prix du Jury et Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Olivia Colman

Mon deuxième coup de cœur du festival derrière le Cuarón, pour moi, ce fut une évidence de retrouver le nouveau long métrage de Yorgos Lanthimos à cette place dans le palmarès. Le public du festival a été du même avis. « The Favourite » est encore la preuve que le cinéaste grec est en train de devenir une référence sur la scène internationale.

Par contre, je suis un peu plus réservé sur le prix d’interprétation féminine accordé à Olivia Colman. Ce n’est pas immérité, je pense même qu’elle sera l’une grande favorite pour les futurs oscars dans la catégorie de la meilleure actrice dans un second rôle mais au vu du bon niveau de la sélection, je ne vois pas l’intérêt d’accorder deux prix à un même film. Natalie Portman, pour « Vox Lux » ou Juli Jakab pour « Sunset » auraient fait aussi de magnifiques lauréates.

 

Les Frères Sisters : Lion d’argent du meilleur réalisateur pour Jacques Audiard

Il était impossible de ne pas récompenser le film Jacques Audiard qui était l’un des temps forts de cette édition. « Les Frères Sisters » aurait pu rafler tous les prix mis à part le lion d’or mais celui du meilleur réalisateur semble être le plus logique. La mise en scène du cinéaste français est certes plutôt classique mais sacrement bien foutue ; de plus, Audiard tire le meilleur de ses 4 acteurs principaux : Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed. Bref, c’est mérité même si l’américain Brady Corbet pour « Vox Lux » et le japonais Shinya Tsukamoto pour « Killing » auraient pu aussi rafler la récompense.

 

At Eternity’s Gate : Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine pour Willem Dafoe

Je n’ai pas grand-chose à redire sur le prix d’interprétation masculine car Willem Dafoe était pour moi l’un de mes favoris avec le casting masculin des « Frères Sisters ». À l’écran, l’acteur américain ne donne pas l’impression d’incarner Vincent Van Gogh, il est Vincent Van Gogh. Le mimétisme et la ressemblance avec le peintre néerlandais sont troublants. Après, on peut être fan ou pas de ce genre de performance mais le travail qu’a accompli l’acteur américain est tout simplement formidable.

 

La Balade de Buster Scruggs : prix du meilleur scénario pour Joel et Ethan Coen

Probablement, le seul prix discutable, à mon sens, de ce palmarès, j’ai trouvé le film à sketchs des frères Coen sacrement inégal. Certes, certaines histoires sont des bijoux mais d’autres ne m’ont pas franchement séduit. J’aurais préféré voir récompenser le cinéaste mexicain Carlos Regadas avec son film « Nuestro tempo » qui m’a littéralement chamboulé. Après, cet avis reste personnel mais je sais que certaines personnes auraient préféré voir le film d’Olivier Assayas, « Double Vies », rafler le trophée .

 

The Nightingale de Jennifer Kent : Prix spécial du jury et Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir pour Baykali Ganambarr

En ce qui concerne, « The Nightingale », il est difficile de savoir s’il s’agit de deux prix politiques ou de deux prix venant récompenser la performance artistique d’une cinéaste et d’un acteur en état grâce. Personnellement, je trouve que les deux prix sont mérités au vu de la qualité du film et de la performance de Baykali Ganambarr. Après, nul doute que les incidents en marge de la présentation du film et la polémique qui a entouré la sélection ont dû jouer dans le choix du jury d’accorder deux prix à ce film. Pour autant, le seul reproche que je pourrais faire à ces récompenses est, comme « The Favourite », d’avoir accordé deux prix au même film.

 

Mon Avis sur les sélections parallèles

 

  • Orizzonti :

Je suis assez satisfait de ce que j’ai vu de la sélection Orizzonti (l’équivalent d’un certain regard à Venise). Sur l’ensemble de la sélection, j’ai eu la chance de voir plusieurs films qui sont présents au palmarès. Dans les récompenses qui m’ont fait plaisir, « Amons » a remporté le prix du jury et l’acteur principal de « Tel Aviv on fire » le prix d’interprétation. Pour le reste, « Jimpa » repart avec le prix du scénario (je lui aurais plus donné un prix de la mise en scène) et l’actrice de « The Man Who Surprised Everyone » a gagné le prix d’interprétation féminine. Sinon, j’ai entendu de très bons échos sur le prix de la mise en scène, « The River », le lion du futur récompensant le meilleur premier film et présent dans cette sélection, « The Day I lost my shadow » ainsi que sur le premier film de la franco-suisse Sarah Marx, « l’Enkas », porté entre autres par Sandrine Bonnaire.

  • La semaine de la critique :

Je n’ai vu que très peu de films de la sélection de la semaine de critique, 4 en tout, donc je ne peux pas me prononcer sur la qualité globale de cette 35ème édition. Pour autant, « Bêtes Blondes », l’un de mes coups de cœur du festival, a remporté l’un des prix majeurs. Il est distribué sur UFO (<3) et il devrait sortir début 2019 en France, peut-être après un passage dans quelques festivals français.

 

  • Venise days :

Pareil pour Venise days, je n’ai vu que deux films sur l’ensemble de la sélection. Pour autant, « C’est ça l’amour », le film de la Française Claire Burger, est reparti avec le grand prix de cette compétition. J’ai vraiment bien aimé ce film assez juste et porté par un Bouli Lanners impériale. Sinon, j’ai entendu de très bons échos du film italien qui est reparti avec le prix du public, « Ricordi ? », je pense qu’il y a de fortes chances qu’il se retrouve du côté du festival Cinémed de Montpellier, le mois prochain.

17 septembre 2018
Willard